Électricité

Installer une prise électrique en saillie : le guide pas à pas

Fatigué de creuser vos murs pour installer une prise ? La prise en saillie se visse en surface, sans poussière ni gros œuvre. Mais gare aux pièges réglementaires et techniques : ce guide vous évite les erreurs qui transforment 20 minutes en après-midi de galère.

Installer une prise électrique en saillie : le guide pas à pas

Installer une prise en saillie : le guide qui vous évitera de tout refaire

Il y a deux types de bricoleurs : ceux qui ont déjà maudit une prise encastrée dans un mur impossible à creuser, et ceux qui n'ont pas encore essayé. La prise en saillie, elle, se fixe directement sur la surface. Pas de poussière, pas de saignée, pas de gros œuvre. Mais attention : la simplicité apparente cache quelques pièges réglementaires et techniques qui peuvent transformer un projet de 20 minutes en après-midi de galère. Je vous épargne mes erreurs, j'en ai fait assez.

Points clés à retenir

  • La prise en saillie se visse au mur : aucun creusement nécessaire, idéal en rénovation ou sur murs techniques.
  • L'indice de protection IP minimum dépend de la pièce : IP44 pour les zones humides comme la salle de bain ou l'extérieur.
  • La hauteur de pose standard se situe entre 15 et 30 cm du sol, mais des exceptions existent (paillasse, plan de travail…).
  • Le circuit doit être protégé par un disjoncteur adapté (calibre 16 A pour des fils de 1,5 mm² en général).
  • Coupez toujours le disjoncteur général avant de manipuler quoi que ce soit – on ne le répétera jamais assez.
  • Testez la prise avec un testeur de tension avant de la déclarer opérationnelle. Ça prend 5 secondes.

Une prise « en saillie » : c'est quoi exactement ?

Une prise en saillie est un boîtier qui se monte directement sur la paroi, sans être encastré dans l'épaisseur du mur. Le boîtier, souvent en plastique ou en métal, contient le mécanisme de la prise et se fixe par vissage sur la surface. Vous verrez alors le câble en apparent, sauf si vous le dissimulez dans une goulotte ou un tube.

L'avantage majeur, c'est la rapidité d'installation. On ne touche ni à la structure ni à l'isolation. Un simple perçage pour les chevilles, et c'est plié. C'est la solution que j'utilise dans mon garage et mon atelier : pas besoin de faire venir un maçon pour approfondir une saignée dans du béton banché.

La différence avec une prise encastrée

La prise encastrée est intégrée dans le mur, avec un boîtier d'encastrement logé à l'intérieur de la cloison. Le résultat est plus esthétique, mais l'installation est beaucoup plus lourde : il faut réaliser une saignée, encastrer le boîtier, reboucher, et refaire l'enduit. En clair, sur un mur en béton, vous passez une journée entière à faire de la poussière. La prise en saillie, elle, se fixe en une demi-heure. Franchement, sur un mur déjà fini, je ne vois pas pourquoi on s'embêterait à encastrer, sauf pour un souci esthétique majeur.

CritèrePrise en sailliePrise encastrée
Perçage du murSimple (fixation de la platine)Saignée requise
Durée d'installation30 minutes à 1 heure2 à 4 heures (secouez le plâtre)
Apparence des câblesApparents (goulotte possible)Invisibles
Coût du matérielFaible (boîtier ~5-10 €)Modéré (boîtes, plâtre, temps)
Idéal pourGarage, atelier, rénovationPièces de vie, neuves

Et si vous êtes dans un logement ancien avec des murs en pierre ou en brique, l'encastrement devient vite un cauchemar. La saillie est alors non seulement plus rapide, mais souvent plus propre.

Le piège n°1 : les distances à respecter (et que personne ne vous dit)

Vous pensez que poser une prise, c'est la brancher et la visser ? Détrompez-vous. La norme NF C 15-100 n'est pas qu'une suggestion : elle impose des distances précises, surtout si vous ne voulez pas avoir de problème lors d'un contrôle ou d'une vente. J'ai appris ça à mes dépens en réaménageant ma buanderie, où je devais absolument éloigner ma prise de l'arrivée d'eau.

Le piège n°1 : les distances à respecter (et que personne ne vous dit)

Règles de distance : hauteur, points d'eau, sources de chaleur

Rien que pour la hauteur, il y a des subtilités. La règle générale, c'est entre 15 et 30 cm du sol fini, mesurée au centre de la prise. Mais si vous installez une prise au-dessus d'un plan de travail de cuisine, elle doit être à 10 à 30 cm au-dessus du plan – et surtout pas dans la zone des 60 cm autour de l'évier. Pour un lavabo, la prise doit être à plus de 60 cm horizontalement du bord du point d'eau.

Ensuite, le fameux indice de protection (IP). Pas question de mettre n'importe quel boîtier. Dans une salle de bain, à moins de 3 mètres de la baignoire ou de la douche, il faut au minimum un indice IP44, c'est-à-dire protégé contre les projections d'eau. À l'extérieur, on passe à IP55 pour résister aux jets puissants (et à la pluie battante). En intérieur sec, un simple IP20 suffit – la plupart des prises standards le sont.

Enfin, la distance par rapport à une source de chaleur : ne jamais installer une prise à moins de 40 cm d'une source de chaleur (plaques de cuisson, four, radiateur). C'est une question de sécurité plus que de réglementation, mais autant le savoir dès le départ.

Mon conseil d'ancien étourdi : mesurez toujours la distance entre le futur emplacement et le point d'eau avant de percer. J'ai une fois dû reboucher deux trous parce que j'avais oublié de tenir compte du rideau de douche. On ne rigole pas avec ces règles, surtout pour la revente du bien.

Choisir le matériel : pas juste un boîtier et une prise

Avant de sortir la perceuse, il faut sélectionner le bon matériel. Et là, la variété est plus grande qu'on ne croit. Sur les sites comme Legrand ou Leroy Merlin, vous trouverez des boîtiers en saillie, des prises extra-plates, des boîtiers avec goulotte intégrée, etc. Mon conseil : prenez un boîtier avec goulotte intégrée si vous voulez un rendu propre ; sinon, vous devrez gérer le câble apparent séparément.

Quel indice de protection pour quelle pièce ?

  • IP20 : intérieur sec, chambre, salon, bureau.
  • IP34 : pièces humides mais sans projection directe (sous abri, véranda).
  • IP44 : salle de bain (zones 2 et 3), buanderie, cuisine si proche d'un point d'eau.
  • IP55 : extérieur exposé, terrasse, garage ouvert.

La fixation, le grand oublié : béton, placo, brique

Le choix des chevilles est crucial. Un mur en placoplâtre ne se perfore pas comme un mur en béton. Mon erreur classique : mettre des chevilles trop courtes dans du placo, et la prise s'arrache au premier débranchement. Pour le placo, utilisez des chevilles à expansion type Molly ou des chevilles spéciales placo. Pour le béton, des chevilles nylon classiques suffisent, mais avec un perçage au bon diamètre (souvent 6 mm) et une profondeur suffisante (30-40 mm). La brique creuse, elle, demande des chevilles à expansion large ou des chevilles chimiques.

Règle d'or : la cheville doit être adaptée au support, sinon votre prise ne tiendra pas dans le temps. Une prise qui bouge, c'est des fils qui se fatiguent, et ça, c'est le début des ennuis.

Le calibre des fils et du disjoncteur : trop souvent négligé

Là, on touche au cœur technique. Une prise en saillie ne s'alimente pas n'importe comment. Selon la norme NF C 15-100, un circuit de prises doit être en fils de 1,5 mm² ou 2,5 mm², protégé par un disjoncteur de 16 A (ou 20 A selon la section). En pratique, pour un circuit dédié à des prises, on utilise du 2,5 mm² avec un disjoncteur 20 A. Mais si vous raccordez une seule prise en repiquage sur un circuit existant, respectez la section du circuit existant.

Le calibre des fils et du disjoncteur : trop souvent négligé

Quand j'ai installé une prise dans mon garage pour brancher une machine à bois, j'ai d'abord cru que je pouvais la raccorder sur le circuit d'éclairage. Grossière erreur : le circuit d'éclairage est en 1,5 mm² et protégé par un disjoncteur 10 A. En branchant une grosse charge (scie circulaire, aspirateur), j'aurais fait sauter le disjoncteur en continu, voire pire. Résultat : j'ai dû tirer un nouveau circuit dédié en 2,5 mm² depuis le tableau, avec un disjoncteur 20 A. Une heure de plus, mais une installation enfin sécurisée.

Comment repiquer sur un circuit existant sans tout casser

Si vous ajoutez une prise à un circuit existant, la méthode la plus simple est le repiquage (ou dérivation). On retire la prise existante, on ajoute les nouveaux fils, et on rebranche. Mais attention : il faut respecter les connexions. Les fils de même couleur se regroupent ; on utilise des connecteurs (type Wago) pour rassembler les fils de phase, neutre et terre. Ne laissez jamais de fil dénudé qui dépasse. Un bon serrage est essentiel – un fil mal serré, c'est une résistance locale et une surchauffe à terme, même avec un disjoncteur.

Autre point : la terre. Chaque prise doit être reliée à la terre. Si votre circuit existant n'a pas de terre (maison ancienne), là, il faut vraiment se poser la question. Mieux vaut faire appel à un électricien pour vérifier l'ensemble. Le fil de terre, ce n'est pas une option.

Poser une prise en saillie : les 7 étapes sans prise de tête

Étape 1 : couper le courant (la seule qui ne se discute pas)

On coupe le disjoncteur général, ou au moins le disjoncteur du circuit concerné. On vérifie avec un testeur de tension qu'aucun fil n'est sous tension. Si vous n'avez pas de testeur, achetez-en un. Ils coûtent 10 € et vous éviteront des frissons. Dans mon cas, un simple tournevis testeur suffit, mais un testeur à deux pôles est plus fiable.

Étape 2 : marquer et percer

On positionne la platine du boîtier à l'endroit choisi, on marque les points de fixation au crayon. On perce avec la mèche adaptée au support (béton, placo…). On insère les chevilles, on les enfonce au marteau, et on visse la platine. Prenez le temps de vérifier l'horizontalité avec un niveau à bulle. Une prise de travers, ça se voit tout de suite.

Étape 3 : préparer les fils

On dénude les fils sur la longueur indiquée par la notice (souvent 8-10 mm). On identifie les couleurs : phase = rouge ou marron, neutre = bleu, terre = jaune/vert. Si vous avez un doute sur l'identification, un testeur de tension avant coupure vous l'aura dit.

Étape 4 : raccorder la prise

On branche les fils sur les bornes correspondantes du mécanisme. Généralement, la phase se visse sur la borne L, le neutre sur N, et la terre sur la borne de terre (symbole ⊥). On vérifie que les fils sont bien insérés et que les vis sont serrées à fond. Tirez légèrement sur chaque fil pour confirmer qu'ils sont bien maintenus.

Étape 5 : fixer le boîtier et le capot

On visse le mécanisme sur la platine, puis on clipse le capot. Si votre boîtier dispose d'une goulotte intégrée, c'est le moment de glisser le câble dans la goulotte avant de fermer le tout. Le rendu est nettement plus propre.

Étape 6 : gérer le câble apparent (goulotte ou tube)

Si le câble doit longer le mur sur une certaine distance, on utilise une goulotte en plastique (blanche ou à peindre) ou un tube IRL (tuyau rigide) fixé par des colliers. La goulotte se coupe à la scie à métaux et se fixe au mur avec des vis et chevilles ou du double-face. Ne laissez jamais le câble simplement posé le long du mur : c'est moche, dangereux, et ça ne respecte rien.

Étape 7 : remettre le courant et tester

On remet le disjoncteur, et on teste avec un testeur ou en branchant une lampe. On vérifie que la phase et le neutre sont bien branchés (un testeur bipolaire l'indique). Si la prise fonctionne, on respire. Si rien ne se passe, on coupe tout et on recommence la vérification du câblage.

Les erreurs qui reviennent tout le temps (et comment les éviter)

J'ai déjà fait presque toutes ces erreurs. Alors laissez-moi vous les épargner.

Les erreurs qui reviennent tout le temps (et comment les éviter)

L'inversion phase/neutre : silencieuse mais dangereuse

Une inversion phase/neutre, ça ne se voit pas avec une lampe : elle s'allume quand même. Mais un appareil éteint reste sous tension au niveau du commutateur interne, ce qui est dangereux pour l'entretien. Le testeur de tension ou un testeur de prise vous le dira immédiatement. Pour une prise, la phase se connecte côté gauche (ou selon la marque, mais toujours la même convention). Repérez bien avant de visser.

Le fil de terre non raccordé (ou coupé)

En rénovation, il arrive que les anciens circuit soient en 2 fils (sans terre). Ajouter une prise en saillie sans terre, c'est vraiment à éviter, surtout pour des appareils à carcasse métallique. Si le circuit est sans terre, prévenez un électricien : il pourra peut-être passer un fil de terre dédié ou vous recommander une solution plus sûre. Ce n'est pas une option négociable.

Un serrage insuffisant des vis

Un fil mal serré provoque un échauffement local, qui peut aller jusqu'à la fonte de l'isolant et un départ de feu. On serre fort, mais sans forcer au point de casser la borne. Si le fil bouge quand on tire légèrement, c'est que ce n'est pas assez serré. Sur les produits Legrand ou Schneider, on sent clairement la butée.

La cheville inadaptée au support

Déjà évoqué, mais c'est tellement important. Un mur de placo, c'est 13 mm de vide derrière. Une cheville Molly s'ouvre derrière et tient bien ; une cheville nylon classique ne trouvera pas de prise et la prise tombera après un mois. Inversez la situation : dans du béton, une cheville à expansion large s'écrasera, mais une cheville nylon standard, bien choisie, fera l'affaire.

Les questions qu'on me pose sans arrêt

Quelle hauteur pour une prise en saillie ?

En règle générale, on pose les prises à 15 cm du sol fini (au centre de la prise). Mais dans une cuisine, pour un plan de travail, on monte à 10-30 cm au-dessus du plan. Pour une prise destinée à un appareil spécifique (télé, frigo), on peut adapter, mais restez dans les normes.

Peut-on installer une prise en saillie soi-même ?

Tout à fait, c'est un des travaux d'électricité les plus accessibles. Tant que vous coupez le courant, respectez les sections de fils et les distances, et testez votre travail, il n'y a pas de risque majeur. Pour le repiquage sur un circuit existant, même principe : respectez le câblage existant. Si vous avez le moindre doute, faites contrôler par un électricien.

Quelle section de câble utiliser pour une nouvelle prise ?

Pour un circuit de prises, on utilise du 2,5 mm² (rigide ou souple) protégé par un disjoncteur de 20 A. Pour une simple prise ajoutée en repiquage, on respecte la section du circuit existant : si le circuit est en 1,5 mm² avec un disjoncteur 16 A, on ne change rien. Mieux vaut rester cohérent avec le circuit qu'on ne modifie pas.

Quelle différence entre une prise en saillie et une prise extra-plate ?

Une prise extra-plate est une variante du boîtier en saillie, avec un encombrement réduit : elle dépasse moins du mur (souvent 20-25 mm au lieu de 40-50 mm). Elle est utilisée dans les espaces exigus, derrière un meuble ou une plinthe. L'installation reste identique : on visse la platine, on branche les fils, on clipse.

Peut-on installer une prise en saillie sans percer ?

Oui, sur certains supports lisses (carrelage, verre, placo très propre), on peut utiliser des adhésifs double-face spécifiques, mais ce n'est pas fiable pour une prise qui va subir des contraintes au débranchement. Je déconseille fortement : le double-face tient un temps, puis lâche. Percez, c'est plus sûr. Sur du placo, une cheville à expansion se pose sans gros dégâts, juste un trou propre.

Quelle prise en saillie choisir chez Legrand ou Leroy Merlin ?

Les grandes marques comme Legrand proposent des gammes complètes : la gamme Legrand Mosaic est idéale pour la saillie avec des boîtiers et goulottes assortis. Leroy Merlin, de son côté, vend souvent des références en marque distributeur (Lexman) tout à fait correctes pour un usage standard. Regardez la présence de la borne de terre, l'indice IP, et la présence de goulotte intégrée. Le reste, c'est du détail.

Peut-on installer une prise sans fil (sans tirer de câble) ?

Il existe des prises « connectées » ou « commandées » qui se vissent sans câblage sur un socle existant, mais l'alimentation électrique reste nécessaire. On ne crée jamais une prise à partir de rien : il faut la relier au circuit. Si vous n'avez pas de fil à proximité, vous devrez tirer un nouveau câble depuis le tableau ou un boîtier de dérivation. Pas de miracle.

La vérification finale, celle qui évite les regrets

Une fois la prise posée, on ne range pas l'escabeau sans tester. J'utilise un testeur de prise qu'on branche simplement : il indique par des LEDs si le câblage est correct (phase, neutre, terre). S'il signale une anomalie, on coupe, on ouvre, on corrige. Ça m'a évité au moins deux interventions après coup.

Et pour ceux qui se lancent : notez dans un carnet le circuit emprunté, le calibre du disjoncteur, et la date d'installation. Cela vous semblera superflu, mais vous remercierez plus tard, surtout si vous vendez votre bien ou si vous intervenez pour un dépannage.

Installer une prise en saillie, c'est une des premières compétences que je conseille à tout bricoleur débutant : rapide, concret, gratifiant, et tout de suite utile. Mais c'est aussi une responsabilité : on joue avec l'électricité, et l'électricité ne pardonne pas l'à-peu-près.

Une dernière chose : si vous hésitez entre une prise en saillie et une prise encastrée, posez-vous la question du temps que vous resterez dans le logement. En location ou en rénovation rapide, la saillie est un choix malin. Dans une maison qu'on veut léguer sans travaux, l'encastrée reste la plus élégante. Moi, j'ai les deux, et j'assume.

Océane Mercier

Océane Mercier

Océane Mercier couvre depuis plus de dix ans les univers de l’électricité, de la plomberie et des revêtements pour des publications destinées aux professionnels et aux particuliers. Ses articles abordent à la fois les évolutions normatives, les techniques de pose et les innovations matérielles. Elle a notamment suivi pendant plusieurs années les chantiers d’isolation et de rénovation électrique en habitat collectif.

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